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Brigitte Labb-Sybesma



Itinéraire et expositions

Née en 1959 - installation en 1993 à La Valette 87160 St Sulpice les Feuilles France. Déménagement en juillet 2000. Installation à La Borne 18250 Henrichemont France

1993
Formation CREAR (60) Gouvieux

1994 à 1996
Premier marché de potiers (83) Bandol
Salon de Toulouse (31 )
1er Salon de Villeurbanne(69)
"Le Vase" (02) Soissons

1997
"Le Bol"(83) Bandol
"Le Pichet" Galerie Terra Viva (30) St Quentin la Poterie
"Loes et Reinier" NL Deventer
"Abbaye aux Dames" (17) Saintes
"Carrac-terres de femmes" (69) à Roussillon
Biennale de céramique (35) Chartres de Bretagne

1998
"Dubuc invite" Le Lavoir (92) Clamart
"Maison des Tupiniers" (69) Lyon
"Carrac-terres de femmes" (69) Roussillon
'Théières " (83) Bandol
Biennale de céramique (94) Villiers sur Marne

1999
Geneviève Godar (59) Lille
Kunsthuis Desmet B Kortrijk
Collège de St Benoit du Sault(36)
Ceramic Millenuim, NL Amsterdam
Salon de Marne la Vallée (77)
Galerie Claude André B Bruxelles

2000
Kunsthuis Desmet B Kortrijk
Maison du Chanoine, Le Chaîneau (89) Treigny
17éme Biennale internationnale de Céramique (06) Vallauris
Achat du Conseil Général de l'Yonne(89) collection CNIFOP

2001
"La Borne, Bandol 2000,1e retour" (18) La Borne
"Articulation" (21) Dijon
Les Jardins artistiques de Drulon (18) Loye sur Arnon
"Allumer le feu" Galerie Pierre (75) Paris
"Intellectual Gnomes" Gant Belgique
"Les permanents de la Galerie" Galerie Pierre (75) Paris
"Le pichet" Roubaix (59)
Achat Musée de Roubaix(59)

2002
"De mains de femmes" (38) Roussillon
XVIII Biennale internationnale de Vallauris (06) Golfe Juan
"Nouvelle figuration" (81) Giroussens

En permanence :
Galerie Nadia B (26) Dieulefit - Galerie Artisant Réalité (75) Paris - Galerie Pierre (75) Paris - Centre Céramique (18) La Borne - Galerie Frim Sauvageot Mechernich (Allemagne)


Article de presse

Ses sculptures se présentent d'abord comme une destruction de leur propre image et elles ne sont pas lisibles instantanément. Ce fouillis de formes et de couleurs est complexe et laisse apparaître, en regardant attentivement, des images cachées, des signes symboliques. Chaque pièce est un tremplin pour l'imaginaire du spectateur. Brigitte nous fait une proposition sans titre explicite, sans interprétation donnée, mais avec, parfois, un nom qui confirme le sens du sujet.

Brigitte pratique une démarche de sculpteur et de peintre plus que de céramiste. Si elle modèle la terre au début du façonnage, rapidement, après le séchage d'une nuit, elle la sculpte, enlève la matière comme le tailleur de pierre, avec les efforts physiques en moins et le droit à l'erreur en plus. Le volume est une construction de rythmes et de mouvements vifs. Il est troué, anguleux, répétitif, accentué de creux profonds et de bosses excessives. Les corps sont déformés mais chaque élément est reconnaissable. Les chignons, les chapeaux, les yeux, les bouches sont disproportionnés et renforcés par des couleurs vives qui expriment ainsi une sensualité brutale mais non vulgaire.
Brigitte dessine au pastel et peint sur papier à l'acrylique dans un même style débordant de couleurs et de vie mais elle sculpte librement sans modèle. La terre est comme la feuille blanche prête à capter les impulsions, la spontanéité des gestes sans idée préconçue. Le premier modelage lui indique une voie et les lignes de construction qui dirigent le placement des détails. Au fur et à mesure de la taille, elle imagine l'histoire de la princesse, de la cantatrice, de la pintade qui prend forme entre ses doigts. «Cela sort tout seul, dit-elle. » L'idée vient avec le geste et celui-ci influence l'idée.

La déformation n'est pas un but en soi, elle est moyen d'expression d'autant plus dérangeant qu'elle-même renforcée - ou au contraire diminuée- par la couleur qui est indépendante du relief et en aucun cas ne l'habille systématiquement. Les personnages pourraient être inspirés par les bandes dessinées actuelles, ils sont inscrits dans notre époque et sont une traduction ou une réaction au monde environnant, que celui-ci arrive par la vision de la campagne ou par la voix de la radio. Ils ne sont ni grotesques, ni méchants, et leur métamorphose est heureuse. Ils manifestent la joie de vivre, la gaieté et l'humour, mais ils ne se livrent pas immédiatement. Les oiseaux à trois ou quatre pattes, les femmes-arbres, les pintades rieuses, n'appartiennent ni à un univers naïf, ni à celui d'un « singulier de l'art». L'oeuvre de Gaston Chaissac, juste référence, n'a jamais été un modèle. D'autres influences se croisent comme celle de Mirô, des peintres de Cobra, de Calder ou de Moore...

Les plus récentes statuettes se hissent sur des socles dont elles sont solidaires. Ce positionnement sur un socle intégré semble à la fois relativiser et affirmer la notion d'oeuvre.
La peinture attaque le volume, elle est posée sur les pièces dégourdies qui permettent les superpositions. Depuis que Ito San lui a offert des pinceaux lors des rencontres de Bandol en 1997, Brigitte peint et ne décore plus à la poire comme précédemment. Les colorants sont mélangés à l'émail ou ajoutés sur l'émail, et donc posés avec divers pinceaux en diverses épaisseurs. Cette pose par couches successives rapproche de la technique de la peinture à l'huile. Brigitte peint et dessine avec les couleurs, sans réflexion préalable quant à la forme, et garde cette spontanéité heureuse qui révèle son talent de coloriste. Elle pose les émaux sur une pièce en une seule fois afin de garder la mémoire le placement des couleurs. Le travail se déroule dans l'anticipation et dans la continuité de la pièce qui tourne pour offrir la totalité de son volume. Fréquemment, les taches sont cernées d'un fin trait noir. Des cendres saupoudrées viennent parfois nuancer la matière douée et satinée de la couverte dont la cuisson est stoppée à 1260° afin de conserver toute la vivacité des couleurs. Les cendres tendent à apporter une profondeur absente dans une glaçure relativement mate.

Brigitte travaille vite et a choisi le four à gaz pour obtenir un résultat plus rapidement. Cependant, elle bénéficie de l'expérience des cuissons au bois de Georges, et détermine ainsi plus facilement ses propres choix. Si la cuisson au bois et la matière brute la tentent par opposition aux couleurs vives, il semble encore difficile d'obtenir ce contraste en élevant la température sans que les couleurs disparaissent. Les pièces évoluent donc rapidement, travaillées en séries de forme ou de thème. Brigitte garde toutes ses réalisations et ne les sélectionne qu'après la cuisson. Vivre quelque temps avec elles l'aide à mettre en évidence la cohérence de son oeuvre lors d'une présentation galerie.

Nicole Crestou : Revue céramique et verre n° 104 janv-fev 1999

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